Solidifiez vos ancrages, et ceux de votre équipe : Accueillir et accepter l’imperfection et la peur de l’échec

La situation de pandémie fait voler en éclats toutes nos certitudes, et génère un intense sentiment, chez plusieurs, d’incompétence ou de dépassement face à la situation.

C’est normal. Le fait de baigner dans un climat de catastrophes, alimenté par les médias et les nouvelles de personnes dans notre entourage atteintes du virus, attaque de manière massive notre enveloppe de sécurité. Cela peut même nous faire régresser, en revivant en accéléré les traumatismes passés de notre histoire. Certains vont se réfugier de manière compulsive dans l’action, d’autres vont figer, ou se mettre « en petite boule ». Il devient difficile de retrouver le fil entre la représentation que chacun pouvait avoir de lui-même, dans un univers connu et bien balisé, et notre place dans un monde soudain chaotique.

Comme parent, ou personne en situation d’autorité, vous êtes bien sûr exposé à ce phénomène, d’autant plus insupportable si vous vous accrochez à la position de sauveur, ou de personne pétrie de certitudes.

Attitudes/ gestes clés/questions à (se) poser :

  • Accueillir, pour mieux le torpiller, notre saboteur intérieur : 
    • La première chose à faire, c’est d’accueillir nos pensées et sentiments, avec bienveillance. A tort ou à raison, je me sens incompétent, pour telle, ou telle raison. Faites l’inventaire de vos motifs d’échec ou d’incompétence. Vous pouvez même les exagérer. Je me sens vraiment nul actuellement, parce que….
    • Une fois cette belle cartographie de vos échecs effectuée, je vous propose de les passer en revue systématiquement : est-ce vraiment vrai, tout le temps ? est-ce que ça a toujours été le cas ? Quelles sont vos circonstances atténuantes, actuellement (faites-vous l’avocat de vos « défauts » ou échecs)
  • Partez à la découverte de vos talents inexploités :
    • Ensuite, faites l’inventaire de vos forces, talents actuels : dans les circonstances, sur quelles forces et talents naturels puis-je m’appuyer ? Qu’est-ce que j’ai toujours bien réussi, en toute modestie ? Dans quoi ai-je des facilités et dispositions naturelles ? 
    • Parmi ces talents, lesquels sont particulièrement utiles actuellement ? Il se peut que vous identifiez des talents, qualités, habiletés non utilisées dans vos activités habituelles. Si c’est le cas, posez-vous la question suivante : en quoi cette force ou qualité pourrait être utile actuellement, comment puis-je profiter de la situation pour me lancer, expérimenter de nouvelles façons de faire ?
  • Passez à l’action : 
    • l’introspection, c’est bien, mais l’action dissout aussi la négativité. Identifiez un geste-clé, un appel, une action que vous allez accomplir dans la journée même et les prochains jours, et sur lequel vous avez du contrôle.
  • Donnez-vous une structure, une routine : le mental et la discipline permettent de tenir à distance nos saboteurs ou doutes existentiels. 
    • Occupez-vous tout de suite de ce qui vous préoccupe: appelez cet employé ou ce collègue dont vous n’avez pas de nouvelles, revoyez votre planification financière pour les prochains jours et semaines (n’allez pas trop loin, demain n’existe pas encore), attelez-vous à ces tâches d’amélioration de vos processus que vous aviez différé, rangez vos papiers.
  • Avec les autres :
    • Nommez vos certitudes et convictions
    • Reconnaissez vos limites, les choses actuellement non connues
    • Proposez une structure, un cadre
    • Revenez chaque jour sur les actions accomplies, les priorités révisées, et les actions à poser
    • Donnez de la reconnaissance, collective, pour les efforts, l’investissement, les résultats
    • Donnez de la reconnaissance personnalisée

La clé, c’est de faire preuve de bienveillance (sans tomber dans la complaisance). Quand nous sommes attaqués, il est important de surinvestir les zones de réconfort, positives, qui vont restaurer notre intégrité endommagée.

Alors seulement, telle l’huitre, nous pourrons transformer nos grains de sable en perles et pépites.

Ghislaine Clot

2 avril 2020