Solidifiez vos ancrages pour mieux rebondir: prenez-soin de votre « PME »
La pandémie est un condensé de crises majeures, multiples, qui attaquent l’intégrité des personnes, et des organisations : toutes nos certitudes sont affectées, et notre sécurité compromise. D’abord et avant tout sur le plan de notre sécurité physique, avec la peur de la maladie, et de la mort, pour nous et nos proches; mais également sur le plan financier, avec des mises à pied massives, l’arrêt soudain des activités pour bon nombre d’entreprises, services, faisant poindre le risque à brève ou moyenne échéance de faillites, et aussi la peur aigue du lendemain. Pour ceux et celles qui poursuivent actuellement une activité professionnelle, l’environnement même d’exercice de ces activités est totalement bouleversé, que ce soit pour ceux qui continuent à exercer une présence physique dans la communauté, ou ceux contraints de pratiquer le télétravail du jour au lendemain, sans préparation, avec le défi de gérer dans le même espace leur vie professionnelle et familiale.
Pour faire face à ces chocs, le premier mouvement incontournable est de solidifier nos ancrages, si malmenés.
- Solidifier ses ancrages, cela veut dire d’abord prendre le temps de se connecter à soi, de respirer dans l’irrespirable, d’accepter de s’arrêter.
Créer une bulle, un espace Soi avec soi, par la méditation, la créativité, la marche ou le sport pour ceux qui peuvent encore sortir.
S’occuper et se préoccuper des différentes dimensions de notre personne humaine, de notre PME (Physique, Mental, Émotionnel – concept développé en 1970 par Groupe Conseil CFC) : nos besoins physiques, nos besoins mentaux, nos besoins émotionnels, nos besoins spirituels. En « montant au balcon » de notre « PME », en épousant la posture de la pleine conscience, dans laquelle nous ressentons, pensons, éprouvons, et en accueillant avec bienveillance ce qui nous arrive, sans jugement. C’est la capacité à établir un dialogue intérieur mais aussi de résonner avec l’extérieur.
Nous sommes attaqués en profondeur, mais comme personne, nous sommes plus grands que ce qui nous arrive.
Attitudes/ gestes clés/questions à se poser :
- Se poser les questions suivantes régulièrement : Qu’est-ce qui est le plus affecté en ce moment dans ma « PME » ? Quels sont les besoins urgents et essentiels dont je dois absolument m’occupe et qui sont très attaqués par la situation? Qu’est-ce que je ressens sur le plan physique, énergie ? Abattement, manque d’énergie, fébrilité, surexcitation ? Comment puis-je mettre des mots sur les émotions qui m’habitent ? Comment décoder ces émotions, entre tristesse, colère, soudaine envie de pleurer ? Quels sont les messages que ces émotions m’envoient. Comment mon mental, ma capacité à objectiver, peuvent m’aider à ne pas céder à la panique ? C’est normal de ressentir tout un spectre d’émotion, à l’instar de cet arc en ciel qui est devenu le symbole fétiche des québécois en temps de pandémie, le « Ça va bien aller », nous l’espérons tous, mais nous devons aussi reconnaitre ce qui ne va pas, mais pas du tout, pour l’accueillir, sans jugement. A tort ou à raison, voici comment je me sens, ce que la situation me fait vivre, mes scénarios du pire. Mais aussi les gestes-clés que je peux poser, concrètement.
- Adopter une grande rigueur dans son hygiène de vie : respect des temps de sommeil, alimentation, exercice (« un esprit sain dans un corps sain »); coupures régulières de l’écran, en tenant à distance le flux d’informations anxiogène ; mise en place d’une structure dans l’emploi du temps, personnel, professionnel, et familial
- Prendre soin de sa vie sociale, dans de vrais temps, de qualité : appeler ses proches, ses amis, profiter des possibilités des réseaux sociaux et plateformes pour danser dans son salon ou sa galerie, faire des apéros ou des 5 à 7 virtuels
- Il n’y a pas de recette magique. Simplement accepter, en toute humilité, notre condition d’être humain, si fragile et imparfait, et en même temps si fort.